Entrevue avec Octavio Zambrano, entraîneur de l’équipe nationale de soccer du Canada

En mars 2017, l’équatorien Octavio Zambrano a été nommé le nouvel entraîneur-chef de l’équipe nationale de soccer du Canada, remplaçant ainsi l’espagnol Benito Floro, dont le contrat n’a pas été renouvelé suite à l’élimination du Canada lors des premières phases éliminatoires pour la Coupe du Monde 2018. Le Canada ne s’est qualifié qu’une seule fois à une Coupe de Monde, en 1986 au Mexique, et occupe présentement la position #117 dans le ranking de la FIFA. Zambrano a la difficile tâche de mettre fin à des années d’échec pour le soccer canadien.

L’équatorien a déjà entraîné dans la Major League Soccer (MLS), soit le L.A. Galaxy entre 1997 et 1999 et le MetroStars entre 2000 et 2002. Il a aussi dirigé des équipes en Colombie, en Hongrie, en Moldavie, et plus récemment en Équateur.

 

Deportes 514 a eu l’opportunité de parler au téléphone avec le nouvel entraîneur. 

– Coach Zambrano, quel est le plus grand défi pour l’équipe nationale du Canada?

– Le plus grand défi est d’essayer de changer la mentalité canadienne qui a toujours été trop détendue, surtout en ce qui concerne le moment crucial auquel on doit faire face lorsqu’on doit obtenir quelque chose d’important. Et le Canada a échoué en tant que pays développé, et ce, en ayant l’infrastructure et le talent nécessaire. Pour une raison quelconque, mentalement, les joueurs n’ont pas encore assimilés les processus importants du soccer ou peut-être qu’on ne les a pas placés dans des conditions plus exigeantes, non seulement physiquement, tactiquement et techniquement, mais aussi mentalement. Ils doivent se sentir engagés, qu’ils aient un sentiment d’appartenance, qu’ils sachent ce que signifie jouer avec une équipe nationale. Je pense que cela explique en grande partie ce qui se passe au Canada, tout du moins en ce qui concerne l’absence de résultats.

– Nous savons que le développement des joueurs se fait en jouant dans différentes ligues professionnelles. Croyez-vous que le Canada a besoin de créer une ligue canadienne de soccer?

– Bien sûr, cela est beaucoup plus important de ce que peuvent penser plusieurs personnes, surtout en lien avec l’équipe nationale canadienne dans les années à venir. Les États-Unis, le Canada et le Mexique ont fait une demande pour organiser la Coupe du monde 2026. Je pense que c’est une occasion pour le Canada d‘écrire une nouvelle page de l’histoire du soccer canadien. Cela donne huit années de préparation pour arriver à la Coupe du Monde fin prêts. Et la ligue, la Canadian Premier League, donnera au pays une telle valeur ajoutée qui a toujours fait défaut et qui a probablement créé un vide. Ce n’est pas la même chose pour un entraîneur-chef de surveiller des joueurs qui sont à l’extérieur du pays versus les surveiller tous les week-ends en territoire canadien. En plus, cela donne l’opportunité de voir à l’œuvre de nouveaux talents qu’on n’aurait probablement pas vu jouer, car les occasions se présentent de moins en moins. Ces opportunités n’ont jamais existé pour les joueurs canadiens, avec une ligue et des franchises canadiennes. C’est essentiel pour le soccer canadien, autant au niveau de clubs que de l’équipe nationale.

– En ce qui concerne la Gold Cup 2017, le Canada est dans le même groupe que le Costa Rica, le Honduras et la Guyane. Que pensez-vous de ces rivaux?

– Sans aucun doute, le Costa Rica est l’équipe la plus forte, à cause des résultats obtenus, par le fait qu’ils sont à nouveau présents à la dernière étape des qualifications de la CONCACAF pour la coupe de Monde 2018 et ils se positionnent à nouveau comme une équipe qui peut prendre part à une Coupe du Monde dans un avenir rapproché. Je pense que ce sera un match important pour nous, mais cela ne veut pas dire que les matchs contre le Honduras et la Guyane ne sont pas importants. Le premier match est contre la Guyane et ils ont plusieurs joueurs qui jouent en Europe. Il n’y a pas d’adversaire facile, ils sont tous sont difficiles, mais de toute évidence, le Costa Rica est le plus difficile.

– Parlant de joueurs de l’équipe canadienne, quels sont les meilleurs espoirs au Canada?

– Au Canada, il existe actuellement des joueurs avec un très bon niveau, il y a des joueurs qui dominent dans la Major League Soccer, alors que d’autres jouent à l’extérieur du pays. Je pense que si nous devons choisir un joueur, ce doit être un joueur qui est en mesure de faire une différence dans les compétitions internationales et présentement, il y a deux joueurs qui se démarquent. Junior Hoilett, qui joue pour Cardiff en Angleterre et Cyle Larin qui joue pour Orlando dans la Major League Soccer. Ce sont deux joueurs qui se sont améliorés et se sont imposés comme des joueurs importants.

 –Quels sont les autres joueurs canadiens à surveiller?

– Il y a d’autres joueurs qui sont très bons, il y en a dans la Major League Soccer, comme Russell Teibert (Vancouver Whitecaps) et Will Johnson (Orlando City). Et il y a d’autres joueurs qui partent bientôt à la retraite et qui ont terminé un cycle, mais qui restent de très bons joueurs et Patrice Bernier est l’un d’entre eux. L’équipe canadienne traverse une période de transition, telle est la réalité. Nous vivons un changement de génération et il y a de nouveaux joueurs qui seront avec nous dans les compétitions à venir. Ils ne seront probablement pas avec l’équipe lors des prochaines qualifications, mais ils feront partie de la transition.

 – Je vous remercie beaucoup pour votre temps et je vous laisse les dernières secondes pour inviter les amateurs au prochain match de l’équipe canadienne, qui se jouera en juin à Montréal contre Curaçao. C’est un match très important, car c’est le seul match que l’équipe jouera avant la Gold Cup.

– Merci pour l’entrevue, ce fut un plaisir de parler avec vous. Et à tous les amateurs canadiens, latino-américains, je vous invite au match contre Curaçao le 13 juin, pour venir encourager l’équipe canadienne qui a un groupe de joueurs d’origine latino-américaine, en plus d’autres joueurs qui reflètent ce qu’est le Canada en tant que pays. Tout le monde est invité.


Pour ceux qui veulent voir l’entrevue sous-titrée en français, voici le lien:

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